Février 2025
Avoir 20 ans en 2025
Pour la quatrième année consécutive, cette étude détaille les conditions de vie des étudiants qui recourent à l’aide alimentaire en France dans les grandes villes universitaires, en faisant un tableau précis et alarmant du profil de ces étudiants, de l’origine de leur précarité et de ses multiples dimensions.
Chacun se souvient que la crise sanitaire du COVID et le choc de l’inflation ont plongé les étudiants dans une précarité brutale. Beaucoup d’entre eux ont retrouvé leur équilibre grâce à l’aide dont ils ont bénéficié. Mais de nouveaux étudiants sont arrivés à l’aide alimentaire, et les repas à 1 euro du Crous n’ont pas suffi à résorber le phénomène. En 2025, plus on est jeune, plus on a de chances de tomber dans la pauvreté. En 2025, les étudiants qui ont des petits jobs deviennent les nouveaux travailleurs pauvres de notre société. En 2025, les files d’attente ont encore doublé.
Faute de moyens, ils sautent des repas, s’isolent et souffrent en silence, délaissés par un système qui a oublié qu’ils sont l’avenir de notre pays. Pire, certains renoncent à leur ambition d’être diplômés de l’enseignement supérieur, faute de moyens.
A travers les chiffres présentés dans cette étude se raconte l’histoire de milliers de jeunes talentueux et travailleurs, qui se retroussent les manches pour se donner une chance et pour aider leurs coreligionnaires – ils sont les bénévoles des distributions de Linkee – Entraide Étudiante -, et pourtant condamnés par la précarité à renoncer à leur avenir.
D’autres pays ont su investir une part trois fois plus importante de leur budget pour aider financièrement leurs étudiants ; des territoires conséquents développent des environnements structurés autour de la sécurité sociale de l’alimentation ; nombreuses sont les initiatives qui rendent disponible à chacun une alimentation durable, de qualité. Combien faudra-t-il d’années à la France pour apporter des réponses d’envergure, pour restaurer la dignité des étudiants et redonner un espoir à ceux qui n’ont plus d’autre filet de sécurité que l’aide alimentaire ?
Jeanne, Sonia, Lucas, Sarah … Les témoignages reproduits dans cette étude confirment que beaucoup de ces étudiants sont aujourd’hui en mode survie et l’indignation conserve toutes ses raisons d’être en 2025. C’est notre intérêt à tous de donner la possibilité aux étudiants de poursuivre leurs études, d’aller vers leurs rêves professionnels, pour apporter à l’ensemble de la société tout ce qu’elle a misé en eux. Aller dans le sens inverse ne participerait pas seulement d’une logique de gaspillage, ce serait une insulte à l’avenir, un renoncement au progrès.
